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LA FRANCE CRUE

LA FRANCE CRUE

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J'ai testé : Manger cru dans les îles françaises

J'ai testé : Manger cru dans les îles françaises

Après les pérégrinations de Linda à Londres, on laisse le clavier à l'amie Lucie qui nous fait partager son expérience de crudiste globe-trotteuse. Direction la Nouvelle-Calédonie et Wallis !
J'ai testé : Manger cru dans les îles françaises
Comme moi, vous avez fait le grand saut : vous avez décidé de mettre plus de cru (et donc plus de joie !) dans votre vie. Mais comme moi, vous en avez parfois un peu marre des pommes, des poires et des oranges... et aimeriez consommer davantage de fruits exotiques. Mais lorsque vous en trouvez au rayon primeur de votre bled, ils coûtent chers, sont acides et cueillis avant maturité. Sans parler du bilan carbone ! Alors, comme moi, vous vous surprenez peut-être à rêver de plus chaudes contrées... Je m'appelle Lucie, j'ai 26 ans et je suis crudi-vegan depuis novembre 2013. J'ai quitté la Métropole un an plus tard, direction le soleil. Alors, heureuse ? En direct de l'autre bout du monde, je vous livre mon expérience de crudi en vadrouille.
J'ai testé : Manger cru dans les îles françaises
J'ai testé : Manger cru dans les îles françaisesJ'ai testé : Manger cru dans les îles françaises

Le plus simple quand on décide de s'installer sous les tropiques, c'est encore de choisir une île française. Pas de barrière de la langue, on peut trouver du boulot, inscrire les enfants à l'école... La Nouvelle-Calédonie ou Wallis vous ont donc peut-être fait de l’œil. J'y ai passé quatre mois, entre novembre et février dernier. Est-ce vraiment un bon plan ? Oui et non !

Les fruits locaux : Papayes, ananas extra-delicious, mangues-sabots, petites bananes, goyaves, fruit du dragon (pitaya), noix de cocos, litchis super juteux, pastèques, avocats énormes, fruits de la passion (appelés ici pommes-lianes), jamelons acidulés, pommes-canaques au parfum de fleur, pommes-cannelles et corossols aux chairs blanches et crémeuses...

Au supermarché : Il faut savoir que le coût de la vie est plus élevé dans les îles. Côté légumes, la production locale est faible et la plupart sont importés. Autrement dit, ils sont chers, pas frais, pas bios. Le pire, c'est la salade verte, hors de prix (à 15-20 euros le kilo, je l'ai remplacée par du chou). Quant aux fruits, eh bien on y trouve... des pommes, poires, oranges et raisins importés, plus chers et moins bons qu'en Métropole ! Aucun interêt, donc. À Wallis, on peut tout de même se procurer des fruits locaux.

Au marché : Vous pourrez y trouver les fruits locaux de saison, qui ne sont pas donnés car ce sont surtout les touristes qui les achètent. Très peu de verdure. En fait, les locaux consomment et cultivent plutôt des légumes-racines : taros, patate douce, manioc, igname... Ainsi que du maïs, des courges et des fruits-légumes comme la chouchoute et la banane-poingo. Ils sont traditionnellement cuits dans du lait de coco et fumés dans des feuilles de bananiers, avec de la viande. Tout ça ne fait pas notre affaire…

Au bord du chemin : En Nouvelle-Calédonie, hors de la capitale, il est courant de croiser ce genre de petites échoppes sur lesquelles les locaux vendent fruits et courges du jardin. C'est fraîchement cueilli, moins cher qu'en magasin, bio et sympa : la confiance règne, vous mettez simplement un billet dans la boîte ! Mais ce système n'existe pas à Wallis.

J'ai testé : Manger cru dans les îles françaises
J'ai testé : Manger cru dans les îles françaisesJ'ai testé : Manger cru dans les îles françaises

Chez l'habitant : Dans une île comme dans l'autre, le mieux est d'aller directement toquer chez l'habitant. Proposez-leur d'acheter leur surplus, ils accepteront sûrement - les trois-quarts des fruits sont abandonnés aux fourmis. Et si vous vous installez durablement, il vous sera très facile de vous constituer un réseau de voisins avec jardins. En étant malin, vous pourriez même finir par faire des économies ! Attention, ne vous servez jamais sans demander. Dans les deux îles, tous les terrains et tous les arbres appartiennent à quelqu'un.

Au restaurant : Pas un seul établissement végétarien en vue : tout est dit. Les “salades de crudités” contiennent à coup sûr de l'oeuf et du maïs, et souvent du jambon, du fromage, des croûtons... Il est nécessaire de demander des précisions et souvent d'insister pour obtenir satisfaction. Au début, j’ai eu de faux espoirs en apercevant une section "Cru" dans les menus... Mais pas d'emballement, il s'agit de tartares de viande et de poisson.

Les bars à jus : De nombreux bars et restaurants proposent des “jus frais”. Ils n’utilisent en général pas d’extracteur, mais mixent des fruits entiers avec de l’eau et du sucre, du sirop ou du lait. Il est donc impératif de préciser ce que vous ne comptez pas ingurgiter ! Pas de jus de légumes, mais pour faire le plein de minéraux, il reste l’eau de coco (personne n’en vend : investissez dans une machette !)

Les magasins bios : Aucun à Wallis, mais on en trouve de plus en plus en Nouvelle-Calédonie. Vous pourrez vous y fournir en oléagineux, voire même en barres crues ! Pas de rayon primeur, mais peu importe : les légumes et surtout les fruits du coin sont “naturellement” bios !

J'ai testé : Manger cru dans les îles françaises

EN RÉSUMÉ

Les plus : Une nature luxuriante, qui produit toute l'année des fruits nourrissants et naturellement bios. En faisant preuve d'un peu de débrouillardise, il est facile de se créer un réseau d'approvisionnement local bon marché.

Les moins : Coût de la vie élevé. Aucune culture du végétarisme, encore moins du crudivorisme... Peu de légumes. Très difficile de manger au restaurant. Pas de magasin bio à Wallis. Et c'est (très) loin.

Mon avis : Certes, les fruits sont beaucoup plus chers et moins variés qu'en Asie du Sud-Est, terre d'accueil de nombreux frugivores. Mais dans la perspective hygiéniste, l'alimentation n'est qu'un facteur de santé parmis d'autres : le climat, les bains de mer, la nature, l'absence de pollution, y compris sonore, sont autant d'atouts que les îles françaises fournissent avec une générosité inégalée - surtout en Nouvelle-Calédonie. Le cadre et la qualité de vie y sont exceptionnels, tandis que le dépaysement culturel est minime. Idéal pour ressourcer une personne malade, âgée ou timorée.

J'ai testé : Manger cru dans les îles françaises

ON FAIT LE BILAN

J’ai pratiqué le crudivorisme pendant un an dans un studio parisien, avec un petit budget. Ici, les jardins croûlent sous le poids des fruits qui me faisaient alors rêver. Mais ils sont principalement destinés à nourrir les cochons ou moisissent aux pieds des arbres. Sous les tropiques, la malbouffe et l’obésité sont des fléaux. Toujours surprenant de constater à quel point l’humain s’est coupé de son instinct. C’est encore plus frappant lorsqu’il a tous les atouts en main.

Cependant, dans les magasins bios de Nouméa, les extracteurs de jus, quelques barres crues et produits sans gluten révèlent un frémissement d'intérêt pour une alimentation alternative.Dans ce jardin d'Eden encore vierge, les projets crus ne demandent qu'à fleurir !

Aaah ça fait quand même rêver... Prochaine destination de Lucie : Bali ! Retrouvez aussi ses aventures sur son blog : extralucie.tumblr.com