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LA FRANCE CRUE

LA FRANCE CRUE

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Melina & Nicholas : "Ce n'est pas normal d'être épuisé à 30 ans"

Melina & Nicholas : "Ce n'est pas normal d'être épuisé à 30 ans"

C'est l'histoire d'un couple qui découvre l'alimentation vivante chacun de leur côté avant de l'expérimenter ensemble... Cette ex-working girl, reconvertie dans la naturopathie, et ce grand gourmand devenu un pro de la crusine ont repris leur assiette en main, après des années de galères médicales. Ce que les spécialistes n'ont pas pu faire pour eux, ils ont décidé de le faire seuls, en changeant le contenu de leur frigo. Tout simplement.
Melina & Nicholas : "Ce n'est pas normal d'être épuisé à 30 ans"
Vous pouvez nous décrire votre lifestyle "d'avant" ?

Melina : Avant, je faisais attention : j'achetais du Coca Zéro, des yaourts allégés... J'étais exactement la cible marketing des produits 0%. Je ne voulais pas grossir mais je ne me rendais pas compte que ces produits n'étaient pas bons pour la santé. J'étais persuadée que je ne mangeais pas trop mal ! Sur la fin, j'avais aussi essayé le "sans gluten" car je sentais bien que quelque chose n'allait pas. Du coup, c'était des pâtes, du riz... (rires) J'ai quand même toujours mangé beaucoup de fruits et légumes.

C'est aussi mon rythme de vie et le stress qui m'ont épuisé. Quand tu es stressé, tu puises dans toutes tes réserves minérales. Je travaillais dans l'événementiel à Paris, sur de gros événements planifiés sur un an. Les premiers mois, tu fais 9h-20h au bureau, avec beaucoup de travail le soir et le week-end. Ensuite, plus l'échéance se rapproche, plus l'amplitude horaire s'accentue. Je partais souvent du bureau à 2h du matin, en taxi. Pour tenir sur les événements, je buvais du Red Bull, du café. L'alcool était souvent gratuit... Tu subis, en fait. Dès que tu as un petit souci de santé, tu prends un cachet en te disant que ça va passer. Il faut avancer quoi qu'il arrive. Surtout, ne pas s'écouter !

J'aimais l'adrénaline que ce rythme me procurait mais sur le long terme, il y a un impact sur la santé. Je me suis retrouvée au bord du burn-out à 30 ans. Ce n'est pas normal. J'étais épuisée, malade en permanence. J'avais plein de boutons sur la figure. A mon âge, c'est un truc qui me mettait mal à l'aise. J'étais gênée, honteuse, jusqu'à ne pas oser parler aux gens. Je me plaignais tout le temps de ma fatigue et mes proches ne comprenaient pas.

Du côté des médecins, on te « saucissonne ». Tu es coupée en petits morceaux, c'est-à-dire que si tu as mal aux intestins, on t'envoie chez le gastro-entérologue, chez le gynéco si tu as des règles douloureuses, chez un neurologue si tu as mal à la tête... J'ai tourné en rond pendant pas mal de temps. On ne me disait jamais ce que j'avais. Évidemment, c'était l'ensemble qui n'allait pas.

Nicholas : Moi j'étais devant un ordi 8 à 9h par jour. Je mangeais beaucoup de viande, je buvais beaucoup de bière. J'étais quasiment à 100 kg avant de quitter mon travail pour voyager en Asie. A 35 ans, j'ai commencé à avoir des problèmes de reins. Je dois prendre des médicaments pour contrôler ma tension. J'ai beaucoup réduit les doses mais j'aimerais m'en passer d'ici la fin de l'année. Les spécialistes n'ont pas su me dire d'où ça venait.

Melina : Je crois que 30 ans, c'est vraiment l'âge auquel ton corps sature si tu fais des excès à outrance. Regarde Amy Winehouse, Janis Joplin, Jimmy Hendrix, Heath Ledger... Ils sont tous morts à 27 ans ! On ne se pose pas la question à cet âge-là. On se pense invincible.

Melina & Nicholas : "Ce n'est pas normal d'être épuisé à 30 ans"
A quel moment s'est fait le déclic au niveau de l'alimentation ?

Nicholas : Quand nous nous sommes rencontrés en Asie. Nous avons tous les deux commencé à manger plus sainement.

Melina : A l'époque, je n'avais plus du tout envie de manger de la viande.

Nicholas : Moi non plus, ça me dégoûtait.

Melina : Ensuite, pendant mes études de naturopathie, on m'a conseillé des documentaires comme « Forks Over Knives », « La santé dans l'assiette » en français. Quand tu vois ça, tu te demandes comment tu as pu fermer les yeux sur la viande toutes ces années et oublier qu'elle venait des animaux.

Avant mes études, je m'intéressais déjà beaucoup à la médecine naturelle. J'ai testé tout un tas de petits remèdes de façon isolée : des cures de vitamines, de chlorure de magnésium, des huiles essentielles... Je recherchais une cause précise à mon état. Était-ce un problème hormonal ou un problème de ceci ou de cela ? Je n'avais pas une compréhension globale du corps et de la santé. C'est ce que je devais acquérir pour régler vraiment ma situation. La cause était simplement que j'étais surchargée de toxines !

Sans réponse du corps médical, tu as donc pris les choses en main par toi-même ?

Melina : Oui parce que ça me rendait folle de donner 80 euros à un dermato pour qu'il me voit 10 minutes, me dise que j'étais née comme ça et que ce serait comme ça toute ma vie et me prescrive finalement une crème qui allait brûler ma peau... Ou d'aller chez des gynécologues pour des règles douloureuses et qu'on me donne une pilule, ce qui est encore pire car c'est très lourd pour le foie. Je supportais très mal les médicaments et personne n'a jamais pris cela en considération. C'était à pleurer, je ressortais de chez les spécialistes en larmes.

Mais j'étais déterminée à résoudre le problème. Donc parfois je prenais des pauses, puis je retournais voir un médecin en espérant tomber sur quelqu'un de mieux. Finalement, quand ils ne trouvaient pas la cause, on me prescrivait des antidépresseurs. C'était le comble : j'ai fait des crises d'agressivité, j'avais des palpitations, je n'ai pas dormi pendant un mois. On me disait de continuer et de prendre des somnifères en plus. La totale !

J'avais vraiment le sentiment de ne pas être écoutée, de ne pas être prise en compte. C'est à l'inverse ce qui m'a plu dans la naturopathie : le fait de prendre l'individu en compte dans sa globalité, sur le plan physique comme psychologique. Ça a du sens ! C'est la médecine traditionnelle, celle d'avant Jésus-Christ. Aujourd'hui, les professionnels de santé sont si spécialisés qu'ils en oublient cette notion de globalité. La médecine peut être très utile, pour les cas d'urgence par exemple. Mais pour ce qui relève de la prévention ou de la pathologie chronique comme le diabète ou les allergies, il est clair que la médecine naturelle peut faire beaucoup. Les deux sont complémentaires de toute façon. Nous devrions fonctionner main dans la main.

Melina & Nicholas : "Ce n'est pas normal d'être épuisé à 30 ans"
Vous pouvez nous raconter la première fois que vous avez mangé « vivant » ?

Nicholas : J'étais dans un restaurant cru en Nouvelle-Zélande, mon pays d'origine. J'ai mangé ce qu'ils appellent un Buddha Bowl, un grand bol avec différents types de salades, et un cheesecake cru vegan. C'était délicieux. Pour moi, c'était la révolution de manger et de me sentir bien après ! J'avais déjà entendu parler d'alimentation vivante à Londres il y a dix ans mais, à cette époque-là, ça ne me tentait pas du tout.

J'aimais beaucoup cuisiner et après cette expérience, j'ai du tout réapprendre. J'étais comme un gamin en cuisine. C'est un super challenge de faire quelque chose de bon pour le corps, de gourmand et d'original. C'est facile de faire un bon plat en achetant du beurre, de la crème, du fromage qui sont tout prêts ! En crusine, il faut tout faire de A à Z en partant des aliments frais, bruts. J'ai commencé à apprendre tout seul, avec des livres. Puis Melina à apporter quelques uns des mes plats à l'école de naturopathie et les élèves ont voulu que je leur fasse de la cuisine vivante pour leur pause déjeuner.

Melina : Il faisait un menu pour la semaine et moi je prenais les commandes, puis il venait nous livrer à l'école.

Nicholas : Ensuite, je suis parti à Londres pour me former dans un restaurant. Aujourd'hui, je propose mes services de traiteur et chef à domicile sur mon site Le Crudichef.

Pizza crue !

Pizza crue !

Cela fait un an que vous avez complètement modifié vos habitudes. Qu'est-ce qui a changé ?

Melina : Il n'y a plus de Coca dans le frigo, ni de laitages light... Il y a plus de cru dans nos assiettes et plus de vie dans nos corps ! Au niveau de la santé, tout a changé. Je ne suis plus malade, je n'ai plus de boutons, je ne prends plus de médicaments et j'ai beaucoup plus de vitalité. Ça change aussi dans la tête. C'est vraiment un mode de vie car en comparaison d'un régime, il n'y a pas de privation. On mange des fruits tant qu'on veut ! On apprécie davantage les changements de saisons et l'arrivée de nouveaux fruits et légumes.

Nicholas : On a testé une variété de fruits et légumes que je n'avais jamais connu auparavant ! Le chou rave, le topinambour, le céleri branche... Avant, j'achetais toujours la même chose : des pommes de terre, des carottes. C'était toujours pareil.

Melina : Moi, je ne pouvais pas « digérer » l'ail ou le chou-fleur cru parce que, quand tu n'es pas en forme, ça fait partie des aliments qui te détoxifient le plus. Aujourd'hui, ça ne me dérange plus. En général, les fruits et les légumes qui te sont le plus insupportables sont en fait ceux qui te sont le plus bénéfiques. Donc c'est intéressant de les introduire après quelques temps d'alimentation vivante. Au début, j'ai voulu me drainer tout de suite pour me détoxifier mais cela m'a fatigué. Maintenant, en tant que thérapeute, il me semble plus logique de reminéraliser le corps d'abord, avec des jus notamment, pour lui donner la force d'éliminer les toxines ensuite.

Nicholas : Moi, j'ai beaucoup maigri au début. Melina s'est stabilisé et mon poids continuait à baisser donc nous avons réintroduit un peu de cuit le soir. Ça m'a permis d'atteindre mon poids de forme. J'ai perdu 10 kg en tout.

Melina : Il y a aussi une conscience vegan qui s'est installée. J'avais oublié que la viande, ce sont des animaux qu'il a fallu tuer. Les gens ne veulent pas voir que c'est du cadavre. C'est le cas qu'on le veuille ou non !

Nicholas : Ma vision de la santé a changé aussi. Pour nos grands-parents, la normalité est d'être un peu gros, bien joufflus.

Melina : Je pense que le manque lié à la guerre les a influencé. Ils ont pris l'habitude de stocker la nourriture et l'ont transmise à nos parents. Quand j'ouvre les placards chez mes parents, ils débordent, il y a de quoi manger quelques mois. Il y a vraiment une peur de manquer qui s'ajoute à l'impératif de consommer dans notre société. Quand tu manges des fruits et des légumes, ton frigo est plein mais se vide rapidement et il faut te réapprovisionner. C'est une autre logique. Pour moi, ça a été une révélation, comme tous les gens qui passent à l'alimentation vivante je pense. C'est impossible de revenir en arrière.

Bagels BLT au bacon de coco... Yummy

Bagels BLT au bacon de coco... Yummy

Le site web de Nicholas, le Crudichef
http://lecrudichef.com/

Consulter Melina en naturopathie
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Ils sont pas mignons ces deux-là ? Retrouvez-les en vidéo dans l'épisode #5 de la France Crue, ce dimanche 21 juin sur Youtube. Stay tuned !