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LA FRANCE CRUE

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Digital detox #1 / Internet, je t'aime mais je te quitte

Digital detox #1 / Internet, je t'aime mais je te quitte

Le mois dernier, j'ai décidé de me déconnecter. Adieu Facebook, Insta, Youtube et le reste ! J'ai testé un mois sans Internet et voici le premier volet du bilan de cette expérience.

Vers l'infini et au delàààà

Vers l'infini et au delàààà

Je suis née à la fin des années 80 et chez moi, il y avait un Minitel. Je fais partie de la dernière génération à avoir connu le monde sans Internet. Il y a un mois, j'ai décidé de me couper totalement de ce média pendant 30 jours. Une sorte de détox digitale pour me purifier les yeux, restés scotchés à l'écran de trop longues années. Ou un break, comme quand une histoire d'amour s'emballe et qu'on a besoin de prendre du recul. Ça m'a permis de faire le point sur ma relation (passionnelle) avec les ordinateurs en général, et le web en particulier. Permettez-moi donc de remettre le cœur de ce bilan à un prochain post et de vous livrez ici un petit historique personnel qui rappellera, je l'espère, de bons souvenirs à certains !

 

Le premier ordinateur que j'ai fréquenté se trouvait chez mon grand-père. Je pouvais alors passer plusieurs heures sur Paint, à créer des chefs-d’œuvre que les adultes avaient la bonté d'imprimer ensuite. Magique ! Un peu plus tard, je restais scotchée à notre propre poste familial devant des CD-ROMs de génie tels que Jeune Styliste, L'album secret de l'Oncle Ernest, Timon et Pumba s'éclatent dans la jungle... (un pouce si tu les a eu aussi :D ) Dans le bureau où la lourde tour et l'énorme écran avait pris place, le Minitel commençait, lui, à sérieusement prendre la poussière. Son arrêt de mort fût signé le jour où internet arriva chez nous. C'est l'opérateur Liberty Surf, disparu depuis, qui a fait le premier retentir l'affreux et interminable bruit de la connexion dans nos murs (« Tidutidutidu-tiiiinnnnn », qui s'en rappelle ?)

 

Un soir à la sortie du CM2, mes copines et moi nous donnons une rendez-vous virtuel à une heure précise pour nous envoyer des mails en direct. Nous inventons sans le savoir MSN Messenger, le chat de discussion instantanée qui allait occuper un bon tiers de mon adolescence, en alternance avec les Skyblogs, dignes préfigurations de Facebook. Au collège, je télécharge de la musique en Peer2Peer sur Kazaa. Pas plus d'un album par jour car l'ADSL n'est pas encore prêt d'arriver dans mon Ardèche natale et que notre forfait nous limite à quelques heures de surf par mois. Au lycée, les profs s'insurgent contre Wikipédia et nous interdisent même parfois de consulter Internet pour réaliser nos exposés. De mon côté, j'ai découvert Dailymotion où l'on trouve encore facilement l'intégralité de South Park, classée par saisons. C'était le bon temps.

 

Je n'ai rien perdu de mon talent, ça fait plaisir

Je n'ai rien perdu de mon talent, ça fait plaisir

Internet ne cesse de grossir et de se perfectionner. Chacun peut y retrouver ce qui le passionne. Devenue étudiante, j'ai mon propre PC portable et une liste de favoris longue comme le bras. Je la consulte méthodiquement chaque jour pour nourrir mon obsession de la mode chez le Sartorialist et Garance Doré, et pour rire avec Margaux Motin ou Pénélope Bagieu. C'est le grand boom des séries. Je voue un culte en streaming à How I Met Your Mother et je me demande ce que je vais devenir lorsque MegaUpload ferme ses portes, contraint et forcé.

Plutôt méfiante et paresseuse quand il s'agit de nouvelles technologies, je mets plusieurs années avant de me lancer sur Facebook et je refuse de me séparer de ce vieux Nokia qui prend à peine des photos puisqu'il fonctionne encore très bien pour ce qui est de téléphoner. Mais près de dix ans plus tard, j'ai tout l'arsenal sur mon smartphone. Twitter, Instagram, Youtube, Pinterest et j'en passe, sont mes meilleurs copains. Mais Internet va plus vite que moi. C'est quoi Snapchat bordel ? Je n'ai ni le temps ni l'envie de me mettre à la page des social medias et nouvelles apps qui semblent fleurir chaque jour.

Entre temps, j'ai découvert un tout nouveau truc qui me fascine : la raw food. Jamais entendu parler de ça dans un magazine ou à la télé. C'est sur Internet que je peux creuser dans une mine d'information. Avant même de me lancer concrètement, je passe des heures à lire et regarder des vidéos pour en savoir le plus possible sur ce mode alimentaire. Je déniche de nouvelles idoles 2.0 comme FullyRaw Kristina et mon feed Instagram ne jure plus que par le #veganfoodporn. Je suis si passionnée que je décide de créer le blog La France Crue et d'y chroniquer notre tour de France de la raw food pour le partager avec le plus grand nombre. Pendant un an, je montre (une partie de) ma vie dans des vlogs sur Youtube et je me laisse griser par les likes et des commentaires toujours plus nombreux.

Mon blog est mon bébé et je le bichonne chaque jour. Ma curiosité pour la cuisine raw et ma soif de découverte dans ce domaine sont infinies. Je me laisse régulièrement happée par le flot d'inspiration que déverse Instagram et passe beaucoup de temps à naviguer de blog en blog. J'ai remarqué qu'avec mon smartphone, ma consommation d'Internet s'est transformée. Je surfe en mode « bouche trou », dès que j'ai quelques secondes de « vide » devant moi ou qu'une nouvelle notification attire mon œil.

 

 

© Margaux Motin (margauxmotin.typepad.fr)

© Margaux Motin (margauxmotin.typepad.fr)

De ces explorations virtuelles naît régulièrement un vague sentiment d'infériorité. Je n'ai pas le temps de tester cette dizaine de recettes que j'ai épinglé. Comment fait-elle pour se préparer de tels petits-dèj en pleine semaine ? Moi aussi je devrais écrire des posts sur la physiologie... L'Internet égotique des réseaux sociaux est propice à la comparaison. On a beau savoir qu'il ne s'agit que d'une version partiale de la réalité, cette mise en scène tend à effacer la frontière entre la « vraie vie » et son reflet virtuel.

Cela peut conduire à une certaine frustration parce que la vraie vie n'est pas aussi photogénique qu'Instagram voudrait nous le faire croire. Moi par exemple, au quotidien je mange assez simplement, souvent des fruits seuls ou des smoothies qui s'approchent visuellement plus du vomi que de l'œuvre d'art. Donc quand je crusine « pour la photo », avec force application du point de vue esthétique, mon chéri me repère tout de suite, il trouve ça ridicule et ça a le don de l'irriter dès le matin.

Tout cela pour dire qu'Internet avait fini par devenir pour moi une source de pression plus qu'un divertissement. Le moment d'une pause était venu et, il y a un mois, c'était le bon moment. On en parlait ici, nous avons souvent tendance à attendre les circonstances idéales, la configuration parfaite pour se lancer, bref à remettre au lendemain les changements qui nous effraient un peu. J'ai expérimenté ça quand je devais arrêter de fumer, réviser un examen, changer mes habitudes alimentaires, faire du sport, ouvrir un blog... Mais lorsque l'envie d'un break se fait sentir, tiens tiens, voici soudain mille très bonnes raisons d'y céder là, tout de suite.

Je venais de déménager à la campagne, dans un hameau si pomé éloigné des turpitudes du monde moderne que mon ancien fournisseur d'Internet ne pouvais pas m'y suivre. Je décidais donc de ne pas trouver tout de suite de nouvel opérateur et de profiter de l'été pour orchestrer ma propre disparition virtuelle...

 

Je vous raconte la suite de cette expérience très vite ! Là tout de suite, j'ai des trucs pas du tout virtuels à faire, comme ranger dix stères de bois pour me chauffer cet hiver :D To be continued...